Article du 26/06/2009 à 11:27
Patrick Aubry a été agressé deux fois en un mois
Patrick Aubry porte encore sur lui les stigmates des violences qu'il a subies.
«J'en fais encore des cauchemars. Dans la journée cela passe mais sitôt qu'arrive le soir j'angoisse.» Patrick Aubry, patron du bar de l'avenue Carnot a été agressé à deux reprise en l'espace d'un mois. Pour évacuer son stress, et parce qu'il a encore du mal à s'en remettre, il préfère en parler que se taire. Et puis «si je fais ça c'est aussi pour les autres patrons de bar, pour dénoncer cette situation inadmissible. Se faire agresser comme ça deux fois en un mois, cela ne peut pas durer», dit-il en colère.

Quand remonte la première agression ? Elle a eu lieu le 27 mai, un mercredi vers 23h. Je fermais mon bar. Tout le monde était parti. Ne restait qu'une personne, un homme entre 25 et 30 ans que je voyais pour la deuxième. Ce n'était pas un habitué. J'étais donc seul. Je passais derrière pour arrêter la cafetière, lorsqu'il a cassé un verre et m'a mis le tesson sous la gorge en me demandant de lui remettre ma caisse. Par chance, je l'avais relevée deux heures avant. Elle contenait 270 €. Quelle a été votre réaction en face de cet homme ? J'ai ouvert ma caisse. Le jeune homme a vu qu'elle était vide. Il m'a dit méchamment qu'il ne partirait pas avant d'avoir de l'argent. J'ai refusé. Il m'a donné un coup de boule sur la tête et m'a défiguré. J'ai 53 ans. Je n'ai jamais subi un truc pareil de ma vie. J'ai cru qu'il allait me tuer. Avec un tir bouchon, il m'a menacé de me crever les yeux. Finalement, il est parti. J'étais par terre derrière mon bar traumatisé pendant dix minutes. Je me suis relevé et la première chose que j'ai faite c'est de fermer le bar, de tirer le rideau et d'aller me coucher. Je me levais à 6h jour de marché le lendemain. C'est seulement à ce moment là que j'ai alerté les gendarmes. J'ai déposé plainte... J'ai demandé un coup de main auprès d'un client fidèle pour m'aider au bar. Et la deuxième agression, c'était quand ? La deuxième agression s'est produite mardi 16 juin en présence de trois témoins. J'ai refusé de servir à boire à deux hommes parce que je les trouvais bien énervés. Ils n'étaient pas du coin. Ils ont mal pris la chose. Ils ont saisi les tabourets qu'ils ont jetés sur le bar et contre la vitrine. Résultat : une trentaine de verre, des bouteilles cassées et la vitrine. L'un d'eux m'a même jeté un tabouret sur le dos. J'ai eu le temps de prendre le téléphone pour appeler les gendarmes. Cela les a mis en fuite. Et tous ces événements, c'est au bar de l'avenue Carnot que cela s'est passé. Il faut arrêter les frais. J'ai une bonne clientèle. Les jeunes aiment à s'y retrouver. Quand on rencontre des canards pareils, ça énerve. Comment vivez-vous cela ? C'est incroyable ce qui s'est passé dans mon bar. Atroce. J'ai vécu une semaine de cauchemar. Je ne dormais pas. J'avais peur et me repassais la scène. Avec les médicaments cela va mieux maintenant. J'ai été dix jours sans pouvoir conduire parce que je ne voyais que d'un oeil. Heureusement que je ne portais pas de lunettes ce jour là. Cela aurait été plus grave m'a dit mon ophtalmologiste... J'ai repris ce bar le 1er janvier 2008 ; les gens n'étaient pas comme ça. En 2009, il y a comme une montée de la violence. Les gens sont agressifs. Je ne suis pas tout seul à le penser. On vit dans un monde fou. Voir des choses pareilles à Château-Gontier c'est scandaleux. Il est temps d'en parler, de faire quelque chose. En attendant, je vais fermer une heure plus tôt à minuit, et ce pendant trois mois. Après si c'est pour ramasser de la viande saoûle à quoi ça sert. Mais bon, le bar c'est pourtant mon gagne-pain. Patrick Aubry a demandé une entrevue avec le maire de Château-Gontier.

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