L’unité de Château-Gontier officiellement reconnue
Sous le haut patronage du ministère de la santé et des solidarités, la société française d’étude et de traitement de la douleur, a organisé mardi la première journée mondiale de la douleur. Dans la région, seules trois unités de traitement et d’évaluation de la douleur sont reconnues. Le centre hospitalier du Haut-Anjou en fait partie.
Au tournant des années 1990, le C.H.H.A. s’était fixé l’objectif de la prise en charge de la douleur. «Nous étions partis du constat que beaucoup de nos patients souffraient de douleurs post opératoires», se souvient le Dr Nouri. Dans le cadre de Romaldo * réseau mayennais de lutte contre la douleur, où une réflexion concertée est engagée avec les soignants, psychologues, gériatres, infirmières, etc., des techniques dites parallèles ou relevant de la médecine douce ont fait leur apparition au sein de l’établissement. Des personnels en l’occurrence des médecins anesthésistes à la base au C.H.H.A., comme le Dr Nouri se sont formés à ces pratiques nouvelles, parmi lesquelles la sophrologie. Et la mésothérapie. Cette technique allopathique préconise un usage micro-dosé des médicaments, par injection de façon locale ou régionale. «On traite l’appareil locomoteur et des migraines», explique le Dr Ginter dont la mésothérapie est sa spécialité. Ces techniques sont reconnues tout comme l’est l’hypno-relaxation et les thérapies comportementales et cognitives du Dr Deslandes.
Une avancée
humaniste
Le développement des thérapies non médicamenteuses s’inscrit dans le plan national de lutte contre la douleur 2006-2010. Le souhait de l’équipe soignante, qui discute de chaque dossier des patients avant de lui prescrire le traitement approprié, est d’intégrer «à court terme, l’acupuncture et la réflexologie plantaire», déclare le Dr Nouri.
Le regard sur la douleur a donc évolué. «Elle revêt à présent une dimension non seulement médicale, mais aussi psychologique, anthropologique», note pertinemment Bruno Faulconnier, le directeur du C.H.H.A. «Derrière tout ça, il y a une avancée humaniste. On veut être au plus près de ce que ressent le patient». Le Dr Nouri a la formule pour résumer ce qui vient d’être dit : «On n’est plus dans le curatif mais dans l’adaptatif» pour soulager une douleur chronique rebelle. Hygiène de vie, stress et problèmes psychologiques ont souvent une incidence sur l’apparition du mal et, sans doute l’entretiennent. «On apprend au patient à vivre avec». A attirer l’attention des personnes concernées sur la prévention (sommeil, activité sportive, alimentation...).
Le centre hospitalier du Haut-Anjou peut se féliciter du travail accompli en dix ans dans ce domaine. Il a dépassé son objectif initial en créant une unité de traitement et d’évaluation de la douleur, qui vient d’être reconnue officiellement par l’agence régionale d’hospitalisation et depuis le mois de juin dernier. «Cette reconnaissance, pour nous, est un aboutissement», conclut Bruno Faulconnier.
* Onze personnes travaillent dans le réseau mayennais de lutte contre le douleur Rémaldo, en collaboration avec le C.H.U. de Rennes. En dehors, un travail étroit est fait avec les libéraux (podologues, orthodontistes, rhumatologues...). Et l’équipe de Rémaldo échange fréquemment ses connaissances avec l’équipe de soins palliatifs dans le cadre du comité de lutte contre la douleur.