La nounou d'Andigné condamnée

00h00 - 15 janvier 2010
La nounou d'Andigné condamnée

Nous vous en parlions dans notre dernière édition. Une assistante maternelle d'Andigné était accusée de maltraitance. Jeudi dernier, elle a dû répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel d'Angers. Elle a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis, et à cinq ans d'interdiction professionnelle. Elle a toujours nié les faits.

«Mensonge, mensonge, mensonge», assène la nounou. Sûre d'elle, elle nie toutes les accusations. «Ce n'est pas possible de dire des choses comme ça. C'est de la jalousie. Ils m'en veulent. C'est un complot». Cette femme de 50 ans exerce le métier d'assistante maternelle depuis 25 ans. Jeudi 7 janvier, elle était jugée pour maltraitance sur enfant de moins de quinze ans par une personne ayant autorité. Le 25 septembre 2008, un père de famille récupère sa fille de neuf mois chez sa nourrice. Une fois à la maison, la mère décide de donner le bain. L'enfant est couverte d'ecchymoses. Après un passage chez un médecin généraliste, la fillette est emmenée aux urgences. L'hôpital enclenche le système. Une enquête pour maltraitance est ouverte. La nounou est dans la ligne de mire. «Je ne lui ai donné qu'une fessée sur la couche. Elle piquait une colère. J'ai voulu la calmer», indique l'accusée. La protection maternelle infantile (PMI) retire l'agrément, dans un premier temps, pour quatre mois, puis définitivement. Au cours de l'enquête, six autres familles vont témoigner contre elle. Une enfant aurait été laissée toute une journée, avec une boulette de viande dans la bouche, même durant la sieste. «Je conteste», lance l'assistante maternelle. Un autre avait les genoux violacés à force d'être puni, et mis au coin. «Ce n'est pas vrai. De toute façon, cette famille-là, je les ai mis à la porte. Le père m'a dit en partant : 'un jour, je t'aurai'. Toute cette histoire, ça vient d'eux, c'est un complot», interjette la prévenue. A chaque accusation du président, la nounou lève les yeux au ciel, fait une grimace d'étonnement, secoue la tête. Elle restera toujours sur cette position. Cet aplomb fait craquer quelques mères dans la salle. Elles sortent en pleurant. Quatre mois de prison avec sursis«80% des parents se plaignent de vous. Vous pensez vraiment qu'ils ont tous voulu vider leur sac ensemble ?», interroge le président Delcan. «Ils sont jaloux», rajoute-t-elle. Pour la petite fille marquée de bleus, la nounou avoue : «elle a heurté un coin de table». Malheureusement, la médecine légale vient contredire cette version. «Le médecin a relevé des traces de doigt. Elle a frappé à main nue sur la peau pour faire mal. Comment comprendre la pédagogie du geste sur une fillette de 9 mois, qui ne parle pas», interroge Me Le Taillanter, avocat de la partie civile. Pour la défense, il s'agit : «non pas d'un complot, mais d'une hystérie collective. On parle de violence, et tout le monde se remémore des bleus sur ses enfants. Quant à l'expertise médicale, elle est incohérente», conclut Me Bouillaud. Le procureur demandera cinq ans d'interdiction professionnelle et neuf mois de prison avec sursis. La prévenue écopera de quatre mois de prison avec sursis, de 800€ de dommages et intérêts, de 500€ d'amende. La sanction professionnelle est retenue. Derrière, des mamans en pleurs sont soulagées. La nounou ne devrait plus garder d'enfant. C'était leur premier souhait.

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