Des camions de Perreault bloqués dans des exploitations, l'entrée de Célia occupée

19h20 - 22 mai 2009
Des camions de Perreault bloqués dans des exploitations, l'entrée de Célia occupée

Des camions de collecte de la fromagerie Perreault (groupe Bongrain) ont été bloqués dans des exploitations de producteurs en colère, notamment dans le secteur d'Ampoigné.

Parmi eux, Mickaël Gautrais, de la FDSEA, installé depuis 13 ans à La Morinière, à Ampoigné. Il produit entre 25 000 et 30 000 litres de lait par mois avec sa quarantaine de vaches laitières. Avec les prix actuels, il craint pour l'avenir. «Quand on a vu nos paies, il ne nous a pas fallu de temps pour réagir. 200€ les 1000 litres, c'est en dessous de nos coûts de production. C'est inadmissible. J'ai eu des gars au téléphone qui perdent 2000, 2500, 3000€». Pour lui, 270€/280€ serait un prix cohérent. Il permettrait de faire face à la hausse des charges «qui ont augmenté de 25%».

Pour Mickaël Gautrais, le prix payé aux producteurs européens devrait être le même pour tous, «sinon les décideurs sont tentés de tirer les prix vers le bas».
Il s'inquiète pour les générations à venir si ces prix perduraient. «Mettez-vous à la place d'un jeune qui souhaite s'installer. Avec ces marchés déréglés ça va conduire les banques à être de plus en plus prudentes dans l'accord de leurs prêts». Mickaël Gautrais vient de finir «son prêt JA de 12 ans. Je comptais bien souffler un peu. Et bien ça ne vas pas être le cas avec ces prix !» Et de poursuivre : «Avec ce prix, on ne peut pas tenir comme ça longtemps. On n'a aucune visibilité»

Le producteur dénonce aussi le comportement des grandes surfaces. «Elles nous baissent le  prix du lait, mais vous verrez que la facture pour les consommateurs ne baissera pas.  Les grandes surfaces qui ont à leurs bottes les industriels laitiers vont se faire de l'argent».

Célia bloqué par des producteurs pouancéens

130 producteurs laitiers de Pouancé ont bloqué Célia à Craon (Groupe Lactalis). «On vient prêter main forte», explique Didier Robin, responsable FDSEA du secteur de Pouancé qui élève plus d'une quarantaine de vaches laitières. «Comme nos collègues mayennais sont montés à la préfecture nous on s'est proposé de bloquer ici sachant qu'on n'a pas de fromagerie par chez nous». Pour Didier Robin «pas question de lâcher, on ira jusqu'au bout». Et d'expliquer que les prix imposés «sont une provocation. On perd entre 3000 et 5000€ par exploitation».

Pour lui, le prix doit se rapprocher des 305€/1000 litres.«Pour ma part, mon prix de revient est à 260€/1000 litres. Donc forcément avec le prix actuel ça ne peut pas le faire...» Et d'expliquer «qu'avant qu'une vache fasse du lait, on est deux ans à l'élever et on doit lui faire un veau. On s'investit ! Alors on ne veut pas être bradés. On ne veut plus qu'on traite nos productions comme de la vulgaire ferraille.» Didier Robin et ses collègues du groupement des producteurs du Maine-et-Loire avaient bloqué dans la journée deux camions de collecte.

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