Craon : les producteurs de lait mobilisés devant Célia

18h49 - 29 mai 2009
Craon : les producteurs de lait mobilisés devant Célia

En fin de semaine, ils surveillaient la laiterie, afin de vérifier qu'aucun camion n'y entrait ou sortait. Lundi, pour la journée nationale d'action, les producteurs de lait se sont réunis en nombre devant Célia. Leur objectif : que l'entreprise se montre prête à négocier.

La journée nationale d'action des producteurs de lait n'a pas épargné Craon et Célia. Dès 10h, lundi matin, les producteurs de lait, venus de Mayenne, mais aussi du Maine-et-Loire et de l'Ille-et-Vilaine, ont bloqué la laiterie. La collecte y était immobilisée depuis plusieurs jours, pendant lesquels les agriculteurs étaient en surveillance devant l'entreprise.

Les revendications n'ont pas changé en une semaine. «Nous avons un salaire qui correspond à celui de 1981, affirme Michel Menan, président de la section laitière FDSEA. On veut un prix du litre de lait qui nous rémunère.» Christiane Lambert, responsable FDSEA du Maine-et-Loire, poursuit : «On aimerait obtenir un prix pour l'année de 290€ les 1 000 litres, plus 15€ qui correspondraient aux augmentations de charge

«Une réponse rapide»

Un objectif est fixé en début de matinée : rencontrer la direction de la laiterie. «Nous voulons obtenir un engagement de leur part, de toutes les entreprises privées et coopératives, à participer à la table des négociations, à Paris, avec la volonté d'aboutir», indique Christiane Lambert. Michel Menan est du même avis : «On veut une réponse rapide : on souhaiterait ne plus avoir à faire des actions. On en a marre, on a autre chose à faire».

Le message passe. Jean-Pierre Fromentin, responsable collecte Lactalis pour les régions Pays de la Loire et Bretagne, vient de Retiers, en Ille-et-Vilaine, pour rencontrer une délégation. Le temps de son arrivée, les responsables syndicaux prennent la parole. Léandre Georget, président du groupement de producteurs de Celia, Christiane Lambert, Michel Menan et Florent Renaudier, des Jeunes agriculteurs, se succèdent à la tribune.

«L'action conduite depuis une semaine était nécessaire, argue au micro Christiane Lambert. Pour l'instant, les consommateurs comprennent notre mouvement. On s'occupe d'abord du prix du lait, ensuite du reste, comme la marge abusive de la grande distribution. La libération des sites se fera en début de soirée, pour que la collecte puisse reprendre.»

Reprise de la collecte

La délégation sera reçue à l'heure du déjeuner. Une centaine de producteurs est alors présente. A la sortie, les esprits sont mi-figues, mi-raisins : producteurs et responsables de la laiterie ne sont pas parvenus à rédiger un texte commun. «La filière laitière vit actuellement une crise sans précédent. Dans ce contexte, Lactalis rappelle, tel qu'il l'a toujours affirmé et démontré, qu'il demeure disponible et ouvert à toute discussion nationale interprofessionnelle (...)», peut-on lire sur le texte de l'entreprise.

«Il y a un manque de considération pour les producteurs, le texte n'en parle pas», regrette Michel Menan. La prose des agriculteurs prend néanmoins acte «de la décision du groupe Lactalis de participer à la négociation».

La reprise de la collecte était prévue à 17h, à la fin de cette journée blanche. Toutes les laiteries mayennaises étaient bloquées. Les producteurs n'envisageaient pas d'autres actions avant les négociations de jeudi. «Si elles échouent, la démonstration de force passera à un échelon supérieur, révèle Michel Menan. Et ce n'est pas sûr que l'on maîtrise tous les éléments dans la nature.»




0 commentaires

Envoyer un commentaire