Les CUMA fêtent leur 40 ans

00h00 - 05 juillet 2004
Les CUMA fêtent leur 40 ans

«Est-ce qu’on aura encore de agriculteurs en Mayenne ?» Ce ne sont pas les difficultés très localisées de recouvrement des heures qui ont suscité cette question de Daniel Foucher, président de la fédération départementale des Cumas (coopératives d’utilisateurs de matériel agricole) en conclusion de l’assemblée générale. Simplement une question partagée par tout le monde agricole sur son avenir. Quel type d’agriculture ? quel poids dans les décisions européennes ? jusqu’où l’augmentation des contraintes administratives pour des prix bonifiés, les taux qui ne sont plus bonifiés ? comment étendre ces aides aux collectivités locales, les questions n’ont pas manqué durant l’assemblée générale animée par des sketches humoristiques et la présence de Daniel Vignier, le directeur fondateur.Quatre témoignages ont permis de montrer les diversités de l’utilisation des Cumas. Celle de la Route des Fouillets initialement créé pour acheter un tracteur et six socs en 1989 regroupe aujourd’hui 8 adhérents, pour trois tracteurs et 900 heures de travail. Celle de Montaudin est née en 1996, année de sécheresse, pour aller dépanner la cuma d’Entrammes Beausoleil qui avait un besoin urgent d’ensilage. L’échange d’hommes s’est poursuivi et s’est transformé par l’embauche d’un salarié à temps complet à Montaudin et de deux à Entrammes. Outre une ensileuse, une remorque est désormais louée à la Cuma de L’Huisserie. Christian Berson, de la Cuma de Cuillé, a vanté les mérites du désherbinage autoguidé : «les parcelles sont un peu moins propres mais après deux ans, nous avons de bons rendements. En prime, une réduction de deux tiers de produits phytosanitaires.» La Cuma Cepvil est une version à l’échelle départementale qui met à la disposition des adhérents une gamme de matériel impressionnante allant de la déchiquetteuse à la presse à huile en passant par les houes rotatives.Pour Philippe Jehan, vice-président de la chambre d’agriculture, inquiet devant la croissance spectaculaire des investissements en matériel, le partenariat est indispensable. Si la technique du binage peut se révéler efficace pour préserver l’environnement, des agriculteurs sont aussi performants et réduisant les doses de produits phytosanitaires. Le Tourangeau Jean Brault a semblé venir d’une autre planète en évoquant l’exemple de cinq agriculteurs rassemblés sur 1500 hectares qui réalisaient une économie de 500 F à l’hectare et payaient largement leurs cinq salariés. «La Cuma ne sera t-elle pas la réponse à l’installation des jeunes ? Avec un assolement en commun réalisé sur 150 hectares de céréales on peut vivre décemment sur une exploitation qui peut être transmissible». Eric Lavillunière, secrétaire général adjoint des coopératives européennes de production a rappelé que si le réseau militant pour l’économie sociale était très soutenu à Bruxelles par les Français, ceux-ci dans les faits restaient à la traîne derrière les Italiens ou Espagnols. «Il faut populariser l’économie sociale».

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