Le couple Lainé de Craon : des Résistants morts en Déportation, honorés

06h00 - 15 mai 2019 - par C.T
Le couple Lainé de Craon : des Résistants morts en Déportation, honorés
André Mâlin et le couple Georges et Constance Lainé. - © Haut Anjou

Constance et Georges Lainé, un couple de Craonnais, Résistants, sont tous deux décédés en Déportation. La cérémonie nationale des héros et victimes de la Déportation de dimanche 28 avril, leur a rendu hommage, comme à bien d’autres.

Georges Lainé était premier clerc de notaire à Craon, tandis que Constance «avait trouvé un emploi au standard de La poste», explique leur petite-fille Françoise Mâlin.

«Tous deux étaient dans la Résistance. Leurs rôles restent flous car ils en ont très peu parlé à ma mère, leur fille. Elle avait 22 ans à la fin de la guerre et sa sœur seulement 14 ans. On pense que ma grand-mère utilisait son travail à La Poste pour passer des messages.»

Il faut dire qu’à l’époque, mieux valait rester discret. Malgré leurs précautions, «mon grand-père Georges a été arrêté en novembre 1943, le jour de son anniversaire. Ma grand-mère a été arrêtée deux mois plus tard, en janvier 1944, elle aussi à domicile».

Des arrestations «sur dénonciation a priori».

Georges sera déporté à Mauthausen où il décédera le 20 mai 1944 dans le camion qui le ramenait des travaux que les Nazis imposaient aux Déportés.

Sa femme Constance mourra au camp de Ravensbrück en janvier 1945 des suites de brûlures. «On lui avait jeté le bidon de soupe brûlante sur elle. Ce jour-là elle avait pris la place d’une autre Déportée malade pour que les gardiennes ne s’aperçoivent pas de son absence ce qui l’aurait à coup sûr envoyer au four crématoire après un passage illusoire à l’infirmerie», explique Françoise.

Une rencontre sur fond de drame

Leurs deux filles, Jacqueline et Luce se retrouvent alors seules. «Ma mère s’est battue pour s’occuper de sa sœur car lors d’un conseil de famille il était question d’envoyer Luce dans un foyer.»

Jacqueline Lainé vivra au départ grâce à son emploi de… standardiste à La Poste. «Elle a pris le relais de sa mère. Elle n’est pas passée loin de l’arrestation non plus. Il était temps que la Libération arrive.»

Jacqueline Lainé rencontrera son mari sur fond de drame. «Mon père, Fernand Malin était soldat. Il a été fait prisonnier. Puis, il a aidé à évacuer les camps de concentration. C’était pour lui un moyen d’essayer de retrouver son frère aîné André, déporté.» (Finalement son frère André est décédé à Floha en Tchécoslovaquie de dysenterie, après avoir dans différents camps).

Ainsi, il récoltait des informations sur les Craonnais présents dans les camps et rapportait les nouvelles.
«C’est lui qui est venu annoncer à ma mère la mort de ses parents.»

 

Article complet à rertrouver dans notre édition du vendredi 10 mai 2019

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