Sud-Mayenne : les confidences d'un Poilu à son arrière-petit-fils

06h00 - 04 novembre 2018 - par R.G
Sud-Mayenne : les confidences d'un Poilu à son arrière-petit-fils
Raymond, le fils de Joseph Duchêne, aux côtés de son épouse Marie-Louise se souvient lui aussi des anecdotes racontées par son papa. - © Haut Anjou

En 1980, François alors âgé de 7 ans s’entretient avec son arrière-grand-père, Joseph Duchêne, mobilisé durant le combat. Un enregistrement, sans filtre, sur la vie dans les tranchées.

C’est un entretien de près de 40 minutes empli d’émotion mais aussi de rires qui prend un sens tout particulier aujourd’hui. L’échange entre un garçon de 7 ans et son arrière-grand-père âgé de près de 90 ans. Un survivant de la Grande guerre, Joseph Duchêne, qui fait part de ses souvenirs, ses blessures, ses anecdotes.

Face à lui, François alors élève de CE1 à l’école de Chemazé. « L’enregistrement a eu lieu en octobre 1980, trois mois avant le décès de mon grand-père. Mon fils François devait évoquer la Première Guerre mondiale dans le cadre d’un travail pour l’école », indique Marie-Paule qui a remis le son à la Ville de Château-Gontier. Un enregistrement qui sera ainsi diffusé au musée d'art et d'histoire de Château-Gontier

On y entend Joseph Duchêne, mobilisé lors de la bataille de la Marne, narrer le déroulé d’une scène bien précise. « Mon petit bonhomme, on a traversé les marais dans l’eau jusque-là (en montrant le haut du ventre). On était engagé au château de Mondement. C’est nous qui avons donné l’assaut, le 77e. Deux assauts consécutifs. Les Allemands qui étaient à l’intérieur nous tiraient dans le dos. Alors il fallait toujours reculer. Le soir, avec l’artillerie, on a foutu le feu dans le château. Ils étaient oxys évidemment », commente le nonagénaire.

Un éclat d’obus dans le pied

Si pour certains Poilus, se confier à ses proches était trop compliqué, Joseph Duchêne lui n’éprouvait aucun tabou à en parler. « Chaque soir, il nous racontait ses souvenirs. Souvent c’était la même chose », confie dans un large sourire Raymond. Son fils, aujourd’hui âgé de 96 ans, a lui été mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale. « Mon père avait une grande mémoire. Il était ‘‘content’’ de partir à la guerre pour sauver l’Alsace-Lorraine », ajoute-t-il.

Né en février 1891 à La Chapelle-Glain (Loire-Atlantique), Joseph Duchêne s’était installé avec sa femme et ses deux enfants dans la ferme familiale à Pommerieux en 1929.

 

Article complet à retrouver dans l'édition du Haut Anjou du vendredi 2 novembre 2018

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