« Les retraités en arrivent pour certains à sacrifier leur santé »

10h40 - 16 octobre 2018 - par C.T
« Les retraités en arrivent pour certains à sacrifier leur santé »

Un mouvement national de contestation de la politique sociale conduite par le président Macron a été mené mardi 9 octobre. Quatre villes en Mayenne y ont pris part sous l’impulsion de la CGT : Laval, Mayenne, Evron et Renazé. Dans cette dernière ville, une vingtaine de retraités était présente aux côtés de salariés.

La loi de la sécurisation de l’emploi «qui flexibilise les licenciements », les ordonnances de Macron « qui mettent à mal les droits collectifs et individuels des salariés aux Prud’Hommes», le gel du Smic qui provoque «la baisse du pouvoir d’achat», la privatisation de la SNCF, etc. Autant de mesures qui agacent les membres de la CGT.

«Outre la situation des salariés qui se dégrade, ce sont aussi les retraités qui sont les plus menacés», explique Rémi Bedouet, retraité de Qualicosmétics à Saint-Saturnin-du-Limet. Lui touche 1 400 €, sa femme 1 035 €. «Nous ne sommes pas les plus à plaindre, mais déjà nous sentons la baisse du pouvoir d’achat. Le soir, on entend qu’on va baisser les impôts et le matin on se réveille avec une hausse des taxes.»

Ils ont dans le viseur la réforme de la CSG qui «nous fera perdre 450 € par an. Cela représente de très beaux caddies !» Comme d’autres, ils rognent sur des budgets : «Nous ne prendrons pas de location pour les vacances cet été avec nos petits-enfants».

Certains vont même plus loin. «Nous en connaissons qui entre manger et prendre une mutuelle doivent choisir. Manger c’est tous les jours alors ils arrêtent la mutuelle, mais en cas de problème c’est gravissime. Le plus inquiétant c’est ça : voir les anciens sacrifier leur santé.» Pour Rémi Bedouet et sa femme «la mutuelle coûte 130 €/mois, ça n’est pas rien, d’autant plus que comme le reste ça augmente constamment et que rien ne compense à côté.»

«En retraite, je devrais peut-être trouver
un job»

Annie Bignon, de la CGT, salariée chez Qualicosmetics, devrait normalement partir à la retraite. «Je peux partir à 58 ans car je suis handicapée, mais je ne pourrai pas car je ne toucherai que 570 € vu que je ne travaille pas à plein temps. J’approcherai peut-être les 800 € avec la complémentaire. Je vais devoir pousser mon départ jusqu’à 65 ans peut-être ou alors trouver des petits jobs si je la prends avant.»

Les syndicalistes mettent en avant ceux qui ne sont pas propriétaires de leur maison. «Quand vous avez travaillé 40 ans, qu’on ne vous donne qu’une petite retraite et que vous devez payer un loyer, ça devient très vite compliqué.» Pour beaucoup de retraités, «il est impossible de payer une maison de retraite car trop chère. Les anciens sont voués à rester chez eux, sans trop d’argent, isolés et en plus on leur supprime les services de proximité comme le bureau de La Poste qui à Renazé est en sursis. Franchement…»

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