Même qu'on naît imbattables projeté à Château-Gontier

10h00 - 15 octobre 2018 - par S.P
Même qu'on naît imbattables projeté à Château-Gontier
Les deux co-réalisatrices du film seront présentes à la projection au Palace. - © P.S.

Marion Cuerq vit en Suède depuis six ans. Elsa Moley est franco-finlandaise. Toutes deux ont réalisé le film documentaire Même qu’on naît imbattables (2017), qui prône l'éducation non violente à l'égard des enfants. Il est projeté au cinéma Le Palace dans le cadre des cinés-rencontres. Rencontre avec d’Elsa Moley.

Pourquoi ce film ?
Marion et moi avons des motivations communes. Nous voulons faire avancer les droits de l’enfant. La France, est l’un des pays en Europe à ne pas avoir de loi pour interdire les violences sur les enfants. Celle de décembre 2016 a été censurée un mois après soi-disant pour vice de forme mais c’est surtout parce que le sujet reste tabou.

Qu’est-ce qui a changé en Suède avec la loi ?
En 1979 la loi a été voté. Les Suédois étaient contre. Ils avaient les mêmes arguments que les Français, à savoir qu’une claque n’a jamais tué personne. 40 ans plus tard, ils sont à l’opposé de ces pratiques et discours qu’ils avaient. Toute violence éducative morale (menaces verbales) ou physique est proscrite. La loi considère l’enfant comme un individu à part entière. Dans le film, on voit des enfants qui disent ne pas savoir ce qu’est une claque. En affirmant que l’enfant est naturellement bon, cette loi a changé toutes les relations. Fini le dressage, la punition...

Cela fait-il du Suédois un parent laxiste ?
Ce n’est pas parce que les violences ont disparu, qu’il n’y a pas d’éducation, et que les enfants font ce qu’ils veulent. Les habitants des pays nordiques sont beaucoup plus disciplinés qu’en France. On n’y voit pas de gens qui traversent au feu rouge. Pourquoi ? Parce qu’à la différence des Français, en Suède, en Finlande on explique les règles aux enfants. On ne leur dit pas : fais pas ci, fais pas ça ! Ni tais-toi ! On leur dit que c’est pour le bien commun. On n’éduque pas par la peur, cela les couperait de leurs émotions. On accueille leurs pleurs, leurs colères en essayant de voir pourquoi.

Vous dites que les nordiques sont plus disciplinés. Serait-ce une affaire de tempérament ?
Non. c’est plus une question d’empathie, de rapports humains. Les professeurs insistent là-dessus. Se crier dessus ne se fait pas. Si l’enfant apprend à se poser, adulte, il sera beaucoup plus calme.

Dans le documentaire, on ne voit que des Suédois, pourquoi ?
Le film a été tourné en Suède. Le but n’était pas de culpabiliser les parents français.

Les Français s’interrogent pourtant sur l’éducation de leurs enfants, non ?
Oui mais ils se demandent toujours comment faire pour ne pas crier, ne pas taper. Les courants éducatifs, les ateliers et consultants de parents se développent. Cela coûte très cher. Il faut faire attention : il ne faudrait pas que cela devienne un business ou une mode ou encore un choix d’éducation. On entend des termes comme éducation bienveillante ou positive. Cela ne devrait pas. On ne parle pas de recette éducative en Suède. C’est avant tout une histoire de droits humains : pas de violences sur les enfants, c’est tout ! Il faut passer une loi qui pose l’interdit social. Ce ne doit plus être une affaire privée mais de société.

Pratique - Même qu’on naît imbattables sera projeté le lundi 15 octobre à 20 h 30 au cinéma Le Palace à Château-Gontier. Tarif unique : 5 €.

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