Journée mondiale du deuil périnatal : « Nous ne photographions pas la mort, nous immortalisons la vie »

06h00 - 15 octobre 2018 - par M.A
Journée mondiale du deuil périnatal : « Nous ne photographions pas la mort, nous immortalisons la vie »
Anne-Sophie Queuin met à profit son savoir-faire de photographe auprès des familles endeuillées par la perte d’un bébé.

Le deuil périnatal, selon l’organisation mondiale de la Santé, concerne les parents dont l’enfant décède au cours de la grossesse, à la naissance ou dans les sept jours qui suivent la naissance. Commence alors un long et difficile travail de deuil, au cours duquel l’association Souvenange et les photographes bénévoles peuvent intervenir.

Cela fait maintenant un an qu’Anne-Sophie Queuin a rejoint l’association Souvenange pour laquelle elle met à profit son savoir-faire. Cette photographe installée depuis huit ans est la seule à officier bénévolement en Mayenne et dans la Sarthe, auprès des familles endeuillées par la perte d’un bébé. « J’ai mis du temps avant de rejoindre l’association. Je n’étais pas prête et mes enfants étaient encore petits. Le déclic, ça a été le décès de ma grand-mère que j’ai accompagnée. Quelques semaines plus tard, une maman qui attendait des triplées m’a contactée. Elle voulait savoir si j’acceptais d’être présente à la naissance de ses filles, alors que l’une d’entre-elles ne survivrait pas. »

180 photographes bénévoles formés

Anne-Sophie entre alors dans l’intimité de cette famille et participe aux premiers instants de ces trois fillettes qu’elle immortalise en images. « C’est beaucoup de pression comme lorsque j’ai photographié un des seuls peau à peau du papa et son bébé. » Elle décide alors de s’investir un peu plus dans ce projet et rejoint l’association. « Avec 180 autres photographes bénévoles, épaulés par des psychologues, des sages-femmes... nous aidons, à notre manière, les familles à avancer dans leur deuil mais aussi à donner une vraie place à ces bébés. Nous ne photographions pas la mort, nous immortalisons la vie. »
Pour cela, les photographes sont formés à la fois au deuil périnatal, à la législation française ainsi qu’à la procédure de prise de vue en maternité.

« Inscrire tous ces petits détails dans le temps »

Souvenange offre aussi aux parents qui le souhaitent un service de retouche pour des photos qui ont déjà été prises par les familles ou les personnels soignants. « Il s’agit souvent d’estomper les marques, d’adoucir le teint et de démédicaliser l’environnement. Parfois, ces souvenirs datent d’il y a plusieurs années, preuve que le cheminement peut être long. »
Et certains parents de témoigner de l’impact de ce souvenir : « Le poids tabou de notre société sur les enfants nés sans vie aurait presque pu, avec le temps, me convaincre que mon fils né à 22 semaines d’aménorrhée, n’a pas réellement existé. Aujourd’hui, j’ai envie de crier au monde entier que si, mon fils a bel et bien existé. Il était un magnifique petit garçon, énergique et plein de vie lorsque je le portais dans ma chair. Les photos permettent d’inscrire cet instant, de marquer son passage, de souligner ses traits de visage et tous ces petits détails dans le temps, de façon indélébile. Elles sont essentielles pour aller de l’avant. »

Plus d’informations sur l’association sur www.souvenange.fr ; photographes professionnels, vous pouvez vous rapprocher d’Anne-Sophie Queuin (06 42 96 81 02) si vous souhaitez devenir bénévole en Mayenne notamment.

Mots clés : deuil, périnatal, enfants,

1 commentaires
  1. Nore

    Bravo d'avoir écrit un si bel article sur le deuil périnatal et surtout d'en parler.

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