Des épandages non autorisés sur une parcelle dans le Craonnais qui agacent

00h00 - 13 septembre 2018 - par C.T
Des épandages non autorisés sur une parcelle dans le Craonnais qui agacent
Allain Jarril.

Un couple souffre d’épandages non autorisés sur une parcelle en face de chez qui de plus contiendrait un taux de plomb anormalement élevé. Le couple et l’association Bien vivre en Anjou grognent.

Alain Jarril et Sylvie sa femme ont acheté une maison il y a neuf ans au lieu-dit Chouenne, à Craon.
Le problème c’est que juste en face, se situe une parcelle d’un agriculteur qui épand du digestat provenant de l’usine Méta-Bio énergies Suez Organic (MBE) de Bel-Air-de-Combrée alors que cela lui est interdit. «On l’a filmé» explique Alain Jarril avec le courrier à la main provenant du préfet de Maine-et-Loire, prouvant l’interdiction d’épandre sur la parcelle.

Ils relèvent une triple infractions

Une action en justice est en cours car la faute a été relevée par la gendarmerie «qu’on a fait venir, tout comme le maire».
«Franchement, ils ne sont pas malins car on leur a envoyé un courrier leur précisant bien qu’ils n’avaient pas le droit d’épandre, et banco : ils le font quand même !» s’emporte Anne Danjou présidente de l’association Bien vivre en Anjou. «L’agriculteur et surtout MBE, qui est responsable de ses déchets jusqu’à enfouissement, sont fautifs d’une triple infractions puisqu’en plus d’épandre sur cette parcelle sans autorisation, ils l’ont fait sur un champ de luzerne alors que c’est interdit et enfin, ils n’ont pas attendu les six semaines requises avant de faucher».
Alain Jarril aimerait «que cessent les épandages interdits et savoir qui donne l’ordre, savoir ce qu’ils épandent vraiment, savoir aussi si la fosse est bien imperméable car l’Oudon est proche.»

Ils dénoncent la présence de plomb

La parcelle concernée est aussi sujette à des taux anormalement hauts de plomb. «200 fois la réglementation !» souligne Anne Danjou. «Et que je sache, Craon n’est pas réputée pour ses mines de plomb... Alors à savoir maintenant d’où ça vient, et de quand ça date.» Elle soupçonne des épandages de sable de fonderie.
«Regardez les huit vaches mortes en Mayenne à cause d’une toxine apportée par des épandages faits n’importe comment ! Franchement c’est ahurissant. On a l’impression qu’ils font ce qu’ils veulent...»
Et de continuer : «Ils se sont fait prendre à Craon et la justice a été saisie donc on a bon espoir qu’ils arrêtent, mais ils ont recommencé dans d’autres parcelles de d’autres départements», regrette Anne Danjou.

La réponse de Méta bio énergies

Annie Mancel, chargée de communication pour Méta-Bio énergies Suez organic explique : «C’est un fait, il y a eu des épandages dans une parcelle exclue du plan d’épandage. L’agriculteur concerné a reçu un courrier de notre part concernant ce sujet. Cette erreur a déclenché chez nous des analyses pour connaître l’impact de cet épandage. Il concerne une tonne de lisier, soit 20 m3 environ sur un hectare.»
Et de certifier : «Il n’y aura plus d’épandage sur cette parcelle. Nous avons convenu avec tous les agriculteurs d’ailleurs et les sociétés d’épandage de connaître le calendrier de leurs épandages pour vérifier nous-mêmes qu’ils se passent correctement. Nous avons aussi envoyé un courrier à M. Jarril qui sera informé des dates des épandages afin qu’il puisse constater qu’ils se passeront dans les bonnes conditions. Tout le monde sera ainsi au courant. Ce problème a fait réagir la société qui a aussi organisé deux réunions avec les agriculteurs pour les sensibiliser aux règles des épandages et aux sanctions qu’ils encourent.»
Concernant les taux de plomb, Annie Mancel souligne que : «Au démarrage du plan d’épandage, nous avions fait des analyses afin de construire le plan. Sur cette parcelle, les taux en plomb étaient légèrement supérieurs, mais pas énormément comme il est dit. C’est pourquoi aussi cette parcelle avait été exclue du plan d’épandage. Aujourd’hui, les choses ont évolué, et le taux est revenu à la normale, mais la parcelle restera en dehors du plan d’épandage.»

Rappelons que la société Méta-bio énergie a été récemment frappée d’une 3e mise en demeure de la préfecture de Maine-et-Loire en moins de six mois. Lire édition du Haut Anjou de la semaine dernière.

Mots clés : Craon, agriculture, Mayenne,

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