Chez Mathez, on a le nez fin pour la truffe

00h00 - 17 novembre 2005
Chez Mathez, on a le nez fin pour la truffe

Le “roi de la truffe” trône sur les bords de la Sarthe. Depuis neuf ans et sa reprise par un enfant du pays, la chocolaterie Mathez régale le monde entier avec ses friandises. Entre Mathez et la truffe, c’est une histoire d’amour qui dure depuis soixante-et-onze ans. Créée en Suisse au début des années 30, l’entreprise est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux de la truffe fantaisie. Son directeur, Eric Fischer, issu d’une longue lignée d’entrepreneurs castelneuviens, a eu le nez fin en reprenant cette société, qui avait déposé son bilan. « Quand je l’ai rachetée, en 1996, le chiffre d’affaires était de 1,4 million d’euros, avec 5 % à l’export. Aujourd’hui, on affiche 4,3 millions d’euros et 80 % à l’export », indique le dirigeant, dont l’emploi du temps se partage entre Châteauneuf et Paris, plus pratique pour ses affaires avec le reste du monde.Bio, gingembre…Le monde, la truffe Mathez l’a conquis petit à petit. « On travaille avec le Japon, la Corée, Taïwan, la Chine. Il y a aussi l’Angleterre, l’Allemagne, la Suède, les Etats-Unis et le Canada », renchérit Eric Fischer, qui annonce la participation de l’entreprise à une dizaine de salons par an.Cette présence hors de l’Hexagone, c’est la grande force de la chocolaterie. Quand d’aucuns s’imaginent que la truffe est un produit saisonnier – ce qui est vrai pour la France – , « ailleurs, on mange de la truffe pendant trois ou quatre mois, voire plus ».Pour réussir ce pari, Mathez a trouvé la recette, à savoir utiliser des chocolats de première qualité mélangés à des produits originaux. C’est ainsi que sont sorties des lignes de production des truffes bio. « Les Japonais en voulaient au gingembre, on leur a fait, souligne Eric Fischer. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : si l’on tient compte des goûts dans certains pays, nous vendons d’abord ce que nous faisons. »D’Auchan à l’EurostarL’autre force de Mathez, dans un marché fortement concurrencé, c’est le “packaging” ou encore la présentation. Pour cet hiver, le chocolatier a fait appel à une société angevine, Atmosphères, qui a inventé un emballage « aux formes arrondies pour les femmes, et avec des angles pour les hommes ». Qu’on y croie ou non, il paraît que ça marche. Les distributeurs, eux, ne s’y trompent. Mathez est présent aussi bien sous sa propre marque dans des magasins comme Auchan et Casino, que sous des emballages plus connus et parfois carrément luxueux. « Peu de gens le savent, mais on trouve nos truffes dans les wagons de première classe de l’Eurostar, entre Paris, Londres et Bruxelles », dévoile Eric Fischer, qui annonce 1 000 tonnes de truffes produites chaque année. Et ce n’est pas fini puisque les volumes augmentent constamment, ce qui contraint l’entreprise a s’agrandir d’ici quelques mois (lire ci-contre). On le voit : l’histoire d’amour entre la truffe et Mathez n’est pas près de s’arrêter.

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