La cueillette des champignons,une histoire de passionnés

00h00 - 10 novembre 2005
La cueillette des champignons,une histoire de passionnés

Ils se sont faits attendre mais ça y est, les champignons sont bien là. Les récentes pluies et la douceur exceptionnelle en cette saison les ont faits sortir de terre par quantité, au grand bonheur des mycologues et autres passionnés de cueillettes. Serge Martin, un Castrogontérien à la retraite n’en rate pas une. «J’ai bien cru qu’on n’en aurait pas cette année tellement il a fait sec» déclare Serge Martin. «Heureusement les pluies récentes, les températures encore douces, ont permis aux champignons de montrer le bout de leur nez». Chaque année, c’est le même rituel. Couteau en poche, panier à la main, Serge Martin va aux champigons. Il connaît de bons coins sans les dévoiler à quiconque : «On les retrouve toujours aux mêmes endroits, c’est comme le gibier. Mais c’est comme pour la truffe ou le Tiercé, on ne s’amuse pas à donner les bons tuyaux, sinon ce n’en sont plus» lâche notre cueilleur un soupçon de goguenardise dans la voix. De bon cœur néanmoins, il explique que «le coulemelle se trouve en bordure des bois, dans les chemins creux ou dans les prairies naturelles autour des arbres et des bois morts». Une affaire de goûtLa liste des champignons qu’il préfère consommer se limite à trois espèces. Il admet que c’est très subjectif : «Le meilleur c’est la lépiote élevé qu’on appelle aussi la chanterelle. on le voit sous les chênes». Lui et sa femme ont une recette : «Vous le posez entier au-dessus des braises dans la cheminée. Vous faites cuir les lamelles et le mettez sur le dos pendant deux minutes. Après vous ajoutez du beurre et du poivre. C’est fameux. Ce qui compte avec les champignons, c’est la cuisson. Il faut les faire suer avant de les déguster, parce qu’ils sont composés d’eau aux trois quarts». Hormis le coulemelle, Serge Martin goûte avec plaisir la tête de nègre et le cèpes de Bordeaux, «ils sont très également très bons». En revanche, il a un avis bien arrêté à propos de la vesse de loup : «Ça ne vaut rien. Il faut mettre beaucoup de beurre et le relever à l’ail, sinon c’est fade». Une passion qui remonte à loinLe plaisir de cueillir des champignons lui a été transmis par «un Allemand qui a travaillé pendant six mois à la ferme de mes parents, juste après la guerre. Il préférait rester à la campagne, au moins il savait qu’il aurait de quoi manger». Bref, «un jour, on l’a vu qui se pencher dans un fossé. On l’a entendu prononcer les mots «Mehr gut» (qui signifient très bon). Il tenait à la main un champignon. On a fait une fricassée. Depuis cette date, avec mes sœurs on s’est mis à ramasser des champignons. Je devais avoir 11 ans». Bien plus tard à la ferme à Ménil, Serge Martin a continué à cueillir des champignons chaque année, dans les prairies naturelles qui longent la rivière. On peut retenir cet épisode de sa vie comme une belle leçon d’humanité. En ce jour du 11 novembre, gardons à l’esprit que la fraternité et les échanges entre les peuples doivent priment avant leurs différends. On apprend beaucoup à connaître l’autre...

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