Mai-68 vécu à Château-Gontier

06h00 - 22 mai 2018 - par S.P
Mai-68 vécu à Château-Gontier
Des grèvistes avaient défilé dans les rues à Château-Gontier. - © P.S.

A l’origine révolte estudiantine à la Sorbonne, les mouvements sociaux et grèves de Mai-68 gagnent le pays et ont agité la France jusqu’aux accords de Grenelle le 27 mai. Qu’en a-t-il été dans le sud-Mayenne ?

Le journal L’Indépendant relate la “grève générale des neuf départements de l’Ouest”. On y lit : “à Renazé, ardoisiers et délégations des industries locales se sont réunis à la salle des fêtes pour entendre un exposé sur la situation de l’emploi (...) Cette manifestation s’est déroulée dans le calme (...) La grève nationale du 13 mai a été peu suivie, sinon par un certain nombre d’enseignants (...) Par contre à Laval, les manifestants, après un meeting à la Maison du peuple, ont envahi l’Hôtel de ville et lancé des projectiles en direction de la Préfecture”.

“Les temps ont bien changé”

Dans l’éditorial, la situation est analysée : “Tous ces phénomènes liés aux difficultés que traverse l’agriculture touchent l’ensemble de l’économie de l’Ouest et le commerce local en ressent les conséquences. Il est inévitable et indiscutable que notre époque subit des bouleversements rapides, des mutations radicales (...) Dans tous les domaines, tout évolue à un tel rythme que nous avons du mal à nous adapter aux changements (...). Beaucoup demeurent fidèles à des systèmes de pensée, à des idéologies anciennes qui ne répondent plus à la réalité d’aujourd’hui. Ils s’attardent à des comportements dans l’action qui sont périmés et inefficaces. Certains se réfugient dans un attachement sentimental au passé, dans la passivité ou l’abandon. D’autres croient faire leur propre avenir alors que, consciemment ou non, ils subissent le présent (...) Par delà, cette manifestation du 8 mai, nous devons comprendre que notre avenir ne peut plus être individuel, mais que tous, habitants de l’Ouest, nous sommes solidaires de l’avenir économique de notre région (...) Alors ceux qui ont manifesté aujourd’hui n’auront pas perdu leur temps et l’avenir de l’Ouest sera ce que nous voudrons”.
Le 25 mai en ouverture des pages de Château-Gontier, l’auteur de l’éditorial de l’époque tente à nouveau de disséquer ces mouvements sociaux : “Les temps ont bien changé depuis cette année 1936 où le monde ouvrier était le fer de lance du Front populaire. Aujourd’hui, de nouveaux prolétaires apparaissent à l’horizon incertain (...) Pour essayer de comprendre, il faut rechercher les causes profondes ou immédiates de la crise : le refus de la civilisation, de la société actuelle enfin d’un monde où tout paraît joué d’avance ; le style de gouvernement actuel trop autoritaire et prompt à chanter ses louanges ; l’emploi, l’insécurité”.

600 ardoisiers et ouvriers dans les rues

Le 1er juin, la situation s’enlise selon L’Indépendant : “On ne voit plus d’issue à la crise grave que nous vivons aujourd’hui. Cette crise est maintenant davantage politique que sociale (...) Des meetings se sont tenus à Château-Gontier, à Renazé, Segré (...) Près de six cents ardoisiers et ouvriers des diverses usines de la région de Renazé se retrouvèrent (...) au carrefour de l’Ouest pour informer des résultats obtenus à Paris par les instances syndicales (...) à Château-Gontier, près de deux cents militants des divers syndicats de travailleurs, d’enseignants, d’agriculteurs ainsi que des scolaires s’étaient rassemblés autour de la tribune place de la Gare”.
Le 8 juin, on peut lire “De la course à l’essence... à la course aux candidats”. En effet, les législatives allaient succéder aux mouvements sociaux.

Retrouver l'article complet dans l'édition du Haut Anjou du 18 mai 2018.

 

Mots clés : château-gontier, social,

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