Ehpad : les directeurs lancent un cri d'alarme

11h00 - 24 décembre 2017 - par C.S
Ehpad : les directeurs lancent un cri d'alarme
Franck Tessier, directeur de l'Ehpad de Noaynt a remis une lettre ouverte à Philippe Bolo, député du Segréen.

Pour la première fois, les directeurs d’Ehpad, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se mobilisent afin d’alerter sur les conditions de prises en charge de leurs résidents. Selon eux, la situation est ?très inquiétante.

On les entend peu et pourtant, eux aussi, sont en première ligne. Les directeurs d’Ehpad, dont une large partie est réunie au sein de la fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (Fnadepa), se mobilisent pour la première fois en adressant une lettre ouverte à l’ensemble des élus.

Dans celle-ci, ils expliquent que «La situation est très inquiétante, on est au bord de l’explosion»

Manque de moyen

Les inquiétudes concernent encore et toujours le manque de moyens alloués aux établissements pour personnes âgées dépendantes. «A titre d’exemple, ici, dans mon établissement, il nous faudrait au moins deux postes d’aide-soignante supplémentaires et 0,5 équivalent temps plein d’infirmière pour être bien», explique Franck Tessier, directeur de l’éhpad Sainte-Claire de Noyant-la-Gravoyère.

Entre l’âge des résidents de plus en plus élevé, leur dépendance de plus en plus importante, les professionnels des éhpad sont aussi confrontés aux tâches administratives de plus en plus lourdes. «Il faut gérer ces évolutions avec les mêmes moyens. On doit trouver des bouts de ficelles pour faire face». Et parfois rappeler les salariés en repos le week-end pour gérer les arrêts maladie. «On n’accueille plus les gens en fonction des besoins mais en fonction de nos capacités.» 

Un métier difficile

Autre crainte : les conditions de travail des professionnels de santé. Les charges salariales qui représentent 75 % du budget d’un éhpad augmentent naturellement de 1 % chaque année «au minimum», quand les moyens, eux, restent identiques. «Comment allons-nous faire ? On ne va plus les payer ? On va devoir les licencier ?», s’inquiètent Franck Tessier.

Les directeurs comme lui s’alarment aussi de voir les écoles d’aide-soignante posséder plus de places que de candidats. «Comment voulez-vous attirer des jeunes dans un métier au salaire si peu élevé quand on sait aussi que le taux d’arrêt de travail lié aux blessures est plus important que dans le secteur du BTP ?»

Et d’insister : «Ces salariés donnent beaucoup. Ils font des miracles tous les jours ! Mais j’ai peur que ça ne suffise plus.»

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