Suicidé de la Grande Guerre, son nom sera bientôt réhabilité

06h00 - 22 novembre 2017 - par M.A
Suicidé de la Grande Guerre, son nom sera bientôt réhabilité
François-Maurice Fouassier était soldat au sein du 25e régiment d’infanterie territorial. - © DR

Le soldat Fouassier, originaire de Chemazé, s’est suicidé durant la Première Guerre mondiale. Un siècle plus tard, son arrière-petit-fils Christian Persin se bat pour qu’il soit reconnu “Mort pour la France”.

Dans une famille, il y a des histoires difficiles à évoquer. Celle de François-Maurice Fouassier en fait partie.
Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, ce père de quatre enfants est affecté au 25e Régiment d’infanterie territorial. Du haut de ses 42 ans, il fait partie des “Pépères”, ces soldats jugés trop vieux pour monter au front en première ligne. Le natif de Chemazé ne verra pas la fin de la guerre. Il passe l’arme à gauche le 19 mai 1916. Dans la mémoire familiale, François-Maurice Fouassier est décédé à la suite de « gelures contractées au niveau de ses pieds » et d’une « maladie pulmonaire ».

Pas de pension pour sa famille


Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Quasiment un siècle plus tard, son arrière-petit-fils découvre un autre dénouement. « Je me suis intéressé à lui dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile grâce aux archives numérisées et aux sites internet spécialisés », explique Christian Persin. Sur la toile, L’Huissérien tombe sur le site Mémoire des hommes, où il découvre que son arrière- grand-père a été classé dans une « curieuse catégorie » : celle des “Non Morts pour la France”. La fiche indique aussi que François-Maurice Fouassier n’est pas mort des suites d’une maladie : il s’est suicidé. « Dans un premier temps, j’ai pensé à une erreur administrative, dans la mesure où ce suicide n’a jamais été évoqué dans ma famille », raconte le descendant. Un entrefilet du journal de l’époque Le Républicain de Laval lui confirme cependant cette version. « Mon arrière-grand-père s’est pendu dans la chambre du casernement, où il était hospitalisé », révèle Christian Persin.
à l’époque, l’état ne se montre guère tendre envers les « suicidés », assimilés à des « déserteurs ». Les conséquences sont loin d’être neutres pour François-Maurice Fouassier. Au lieu de bénéficier d’une concession perpétuelle, le Camazéen est enterré dans l’anonymat et son nom ne figure sur aucun monument aux morts. Sa famille est privée de pension et le statut de pupille de la nation n’est pas attribué à sa progéniture. « Cette rigueur d’appréciation a été atténuée au fil du temps. Mais il est probable que mon arrière- grand-mère, accablée par la nécessité quotidienne de subvenir seule à ses quatre enfants, dépourvue d’un niveau d’instruction, n’a jamais eu connaissance de ces évolutions », suppute L’Huissérien.


S’il est aujourd’hui trop tard pour la pension, il est encore temps de restaurer la mémoire du soldat. Dans sa quête, Christian Persin a déjà obtenu deux victoires. « L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a reconnu le statut de “Mort pour la France” pour mon arrière-grand-père. La Ville de Laval a également procédé à la rectification de son acte de décès », se réjouit-il. L’arrière-petit-fils attend désormais un geste de la Ville de Château-Gontier. « J’aimerais que son nom soit inscrit au monument aux morts et qu’une croix portant son nom soit dressée dans le carré militaire », espère Christian Persin. L’affaire est en bonne voie. La municipalité castrogontérienne a donné son aval pour que le nom Fouassier figure sur le monument aux morts de Bazouges. L’investissement du Camazéen restera alors à jamais gravé dans le marbre

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